Lundi 3 mars 2008, 7H38 heure locale, Vancouver BC. Il fait un temps absolument pourri et je me suis fait rincer tout du long du trajet qui me sépare de l’appartement des Frenchies. Avec Antoine et Fred (les deux français rencontrés il y a deux semaines maintenant) nous avons loués une voiture pour aller sur Seattle afin de soulager nos porte-feuilles de quelques dollars (nous voulons aller aux magasins d’usines très prisés dans le coin).

Le colloc de Fred et Antoine, Rodrigo, nous accompagne également car il faut qu’il passe à la douane du pays pour régulariser sa situation suite à une lettre de rappel du service de l’immigration (Rodrigo est mexicain). Greg arrive à son tour à l’appart et nous voilà parti pour le pays où tout est possible, où on peux partir de rien et devenir célèbre en vendant des barres chocolatées ou des chaussures de sport, où on peux avoir une arme à feu sur soi tout en étant en peignoir dans la rue, j’ai bien nommée les USA.

Le trajet se passe très bien (je commence à avoir envie de faire pipi mais je ne m’arrête pas car nous sommes déjà en retard) et nous l’occupons à passer des musiques dédicacées pour Rodrigo du type « Highway to Hell » ou encore « Ce n’est qu’un au revoir » pour le charrier un peu sur le fait qu’il ne sait pas vraiment ce qui l’attends à la douane (il est tout simplement en situation illégale dans le pays depuis 1 mois et demi mais un de ces amis lui a expliqué qu’il pouvait demander une prolongation de visa et que ça devait prendre environ 40 minutes, we’ll see !). Etant le seul conducteur j’apprécie pleinement la conduite nord américaine avec ces lignes droites à ralonges (déjà qu’en France je m’emmerde au volant, là c’est le pompon) et découvre que pour faire Vancouver-Seattle on fait deux virages, un au croisement de la 70 th et de Granville et l’autre à la 70 th et Oak street (tout ça c’est dans Vancouver) et qu’après c’est 2H30 de tout droit, youpi.

(J’ai vraiment envie de faire pipi).

Nous arrivons donc à la frontière. Alors qu’on se dirige vers la frontière américaine et que l’on fait déjà la queue en voiture depuis 10 minutes, Rodrigo me dit de faire demi tour pour aller à la frontière canadienne en premier pour faire ces papiers. Nous allons donc à la frontière Canadienne où le garde-frontière nous dit de d’abord sortir du pays et de revenir ensuite.

Nous repartons donc vers la frontière Américaine et après re-10 minutes de queue on nous invite à descendre de voiture pour faire nos visas de touristes. Quelle joie d’apprendre que dans leurs locaux il n’y a pas de toilettes et que je vais devoir attendre (je commence à me déplacer en crabe, mais un vieux crabe).

On se cogne 20 minutes d’attente et enfin on passe devant un douanier (très sympa) qui nous fait nos visas mais qui par contre informe Rodrigo qu’il ne peux rien faire pour lui et qu’il doit d’abord aller à la douane Canadienne (???). Alors que nous faisons nos visas Rodrigo repars à pied à la frontière Canadienne. Une fois nos visas fait nous re-repartons à la frontière Canadienne pour attendre Rodrigo et à mi distance on tombe sur des toilettes que je m’empresse de baptiser (je feins l’évanouissement).

Les 40 minutes initiales d’attente se transformèrent en 2H30 au bout desquelles nous informons Rodrigo (qui commence à faire de l’huile sérieusement) qu’on lui laisse encore 30 minutes et qu’après nous partirons sans lui à Seattle. Pendant ces 30 minutes nous allons manger en terre canadienne un sandwich immonde dans un duty free (et oui finalement un duty free ça vends essentiellement des parfums, pas des sandwichs). Pendant notre pause Rodrigo nous textote qu’il vient d’avoir la réponse pour son visa : il a une semaine pour quitter le pays et il est interdit de séjour pendant un an.

Nous sommes tous abasourdis par la nouvelle et repartons à sa rencontre (encore un petit tour de douanes, à la fin on appelait les douaniers par leurs prénoms, c’était plus simple et on les vannait sur leurs moustaches). Rodrigo n’a plus qu’à prendre un taxi et nous nous partons à Seattle, à 4.

Pour Antoine et Fred la pilule est difficile à avaler d’autant qu’ils doivent retrouver un nouveau colloc rapidement.

Après un peu de route et beaucoup de retard sur le programme de départ nous faisons 3H de shopping mais nous n’avons pas vraiment le moral à ça et on achète pas grand-chose. Ah, j’oubliais juste avant le shopping on sait fait un Mac Do (américain un vrai) et on a découvert que les boissons sont à volonté, on a directement accès à la machine à pression, trop cool. Du coup je me prends à vouloir goûter des boissons que je ne connaissait pas comme le Barq’s (j’étais à deux doigts de vomir) et je me suis empressé de le faire goûter à mes compères qui on validé le goût incomparable de cette boisson au essences de chiottes (je vous la conseille si vous en trouvez, à noter que c’est pas vendu en France c’est considéré comme une arme de destruction massive, catégorie 4).

Il fait donc nuit quand nous sortons et nous décidons tout de même à aller à Seattle pour « voir » à quoi ça ressemble.

On arrive dans le centre ville et on arrive au pied de la superbe tour de Seattle où il se trouve un restaurant panoramique auquel on ne peut accéder car complet (il faut réserver la veille).

Le petit gars de la réception nous indique tout de même deux autres bons restos dans la ville dont un où les serveuses officient en petits shorts de sport. Immédiatement notre côté sportif nous attire vers ce dernier et effectivement on arrive dans une sorte de fast-food où c’est plus pour le plaisir des yeux que pour la nourriture que l’on vient.

Je vous passe la déco salace avec les photos des anciennes serveuses et du Gérant de 80 ans qui les tripote avec son nom en dessous, attention tenez vous bien, « Dick Vitale » (ça s’invente pas ) et qui apparemment l’a bien vive.

Après notre repas délicieux nous nous offrons tout de même un dessert digne de ce nom dans l’autre restaurant que nous avez conseillé le petit gars et qui se trouve juste à côté. Le cadre est bien plus sympathique avec vu sur le port de plaisance éclairé, intérieur chaleureux, musique douce et une serveuse à nous faire oublier toutes les autres et notre mauvaise journée.

La team au complet est tombée amoureuse et on savoure, pour les uns, un fondu chocolat au cœur fondant et sa boule vanille des îles sur son lit de caramel, pour les autres, un trio glacé chocolat vanille caramel avec supplément chantilly et la petite cerise confite sur le dessus.

Les aller et venues de la douce marque les battements de notre cœur et nous ne ratons rien au balancé langoureux de ces hanches qui semble nous appeler vers les cuisines.

Nos desserts finis, nous voilà ragaillardis et heureux d’avoir assouvis notre petit pêché dans ce fabuleux endroit. Nous nous dirigeons vers la sortie et nous nous apprêtons à payer l’addition quand notre serveuse nous dit : « Pour vous c’est gratuit (en anglais) ! » On est resté béa et heureux que ce petit bout de femme soit enchanté par notre accent français et notre gentillesse. Le retour fut moins long que l’aller et nous nous sommes couché avec du baume au cœur, du rêve plein les yeux, le drap lévitant au dessus du lit…